Anne Frankline

 


Anne Frankline est une artiste aux multiples facettes. Peintre, actrice, créatrice de l'éphémère et du pérenne à la fois, son art déborde d'énergie. Malheureusement, ces quelques pages que nous lui consacrons ne peuvent pas rendre compte de l'étendue de ses créations, ni de la variété de ses modes d'expression. 

En guise d'entrée en matière, voici donc quelques-uns de ses tableaux, que nous lui laissons le soin d'introduire, par un texte de présentation de sa démarche artistique. 


Pourquoi créer ? 

Pour cristalliser l'émotion forte : je crois que le sens de mes créations peut se définir ainsi. 

Cristalliser la peur de la mère qui tient son enfant brûlant de fièvre. La chaleur qui émane du corps de l'enfant malade. Immobilité du corps fiévreux abandonné à la bienveillance. 

Cristalliser la douleur de l'abandon. La femme qui se retrouve seule à élever ses enfants. L'humiliation et la douleur. 

Cristallisation de la douleur physique, lorsqu'on se fait percer le nez en Inde par 45° C à l'ombre. Chaleur et suées. Ou les sueurs froides provoquées par un avortement sans anesthésie. 

La haine des "perfidies féminines" dans le milieu du spectacle, des brimades, des favorites, même lorsqu'on est appliqué, élève modèle, et qu'on donne tout de soi jusqu'à sa vie et tout ce qu'elle contient. C'est un mariage mortel. 

La création se déploie autour de moi. Elle ne peut être canalisée. Je peux la faire taire un an, deux ans, trois ans, quatre ans, mais elle finit toujours par gagner. Elle déborde de moi. Elle me submerge et ne m'en étouffe que mieux. 

Alors, ma survie dépend de : comment je vais m'en dégager, l'extirper, l'enfermer dans des installations, un processus qui, pour terminer, me laisse vide et à nouveau prête à emmagasiner une infinité d'informations. 

C'est une constellation d'émotions fugaces en inclusion, dont je me débarrasse. 

Cliquer sur l'image pour agrandir

Cliquer sur l'image pour agrandir

Cliquer sur l'image pour agrandir

Les matières de base

Le papier de brouillon pour sa mauvaise qualité et sa finesse. 

Le fusain, parce qu'il s'efface facilement : il n'est que poudre. 

Le papier craft parce qu'il se rapproche du bois. Il est résistant, il vit la lumière (transparences à base d'huiles végétales). 

La ficelle, le laiton, pour les reprises, les assemblages. 

Le brou de noix ; l'ombre naturelle liquide. 

Le blanc-broyé, parce qu'il est pur et brut. 

Cliquer sur l'image pour agrandir

Cliquer sur l'image pour agrandir

Cliquer sur l'image pour agrandir

Supports et matériaux

Les végétaux, comme les matériaux que je dis "particuliers". Je les trouve lors de mes déplacements, je les écoute, je les choisis, je les sens (très importantes, les odeurs). 

Je refuse la valeur marchande des choses. Dès lors qu'elles sont vendues (même aux puces), elles n'ont plus rien à raconter. Je les désire entières, dans leur intégralité, laides ou belles, propres ou sales, entières ou kit... peu importe. 

Les lattes de parquet en chêne massif dont je fais des châssis. Je les ai trouvées dans une vieille grange... à l'abandon ? ...

Elles sont entreposées, inactives, oubliées ; elles me plaisent, je les prends. 

Les vieux cartons voués à la décharge... 

Un tapis qui a nécessité un long effort de tissage. Il se fait mettre à la porte d'une maison. Je n'y tiens plus. Je veux tout savoir. Je l'adopte. 

Si un objet est trop encombrant, alors je le désosse, pour n'en garder qu'un élément fondamental. D'une armoire, je garde une poignée ou dos (support intéressant, un dos d'armoire !). D'un placard : une étagère ou une porte. 

Les supports trouvés vont être habillés, transformés ou associés. 

La cire : matière chaude qui rend immortel (musée de cire).  Son utilisation est également vouée à la magie noire, les nuits de...

L'huile, la lumière, la pureté, l'onction. 

Le bleu de méthylène désinfecte, cicatrise, soigne. Sa couleur pure est tenace et pourtant éphémère. 

Le bois de kad (genévrier) est odorant (santal). 

Le hasard

La présence du hasard est constante. Les objets viennent à moi, sollicitent mon attention. Certains secrets se créent à mon insu. Dans leur amas, ils se côtoient, là naissent des affinités que je ne fais qu'écouter. 

Cliquer sur l'image pour agrandir

Cliquer sur l'image pour agrandir


Revenir à l'index d'Anne Frankline

Revenir à la page d'accueil du site

 

© Éditions Anovi - 2005